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Guerre Iran-Israël et détroit d'Ormuz : tout comprendre et les positions des 26 candidats à la présidentielle 2027

2026-04-23

Massacres de manifestants en janvier, guerre ouverte avec Israël et les États-Unis à partir du 28 février, mort du Guide suprême, fermeture effective du détroit d'Ormuz début mars, baril au-dessus de 100 dollars : 2026 a fait basculer le Moyen-Orient et, avec lui, les prix de l'énergie en Europe. Voici ce qu'il faut savoir sur la guerre Iran-Israël-États-Unis et ce qu'en disent les 26 candidats à la présidentielle 2027.

Le détroit d'Ormuz : c'est quoi ?

Le détroit d'Ormuz est un bras de mer de 55 km de large (à son point le plus resserré, seulement 33 km) qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman et à l'océan Indien. Il borde au nord l'Iran, au sud le sultanat d'Oman et les Émirats arabes unis.

C'est l'un des plus importants passages stratégiques de la planète :

  • Environ 20 % du pétrole mondial y transite chaque jour (soit près de 20 millions de barils).
  • Près d'un tiers du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial y passe, notamment depuis le Qatar.
  • Les principaux fournisseurs du monde — Arabie saoudite, Iran, Irak, Koweït, Émirats, Qatar — exportent tous par ce seul couloir.

Toute fermeture — même partielle, même temporaire — ferait immédiatement exploser les cours mondiaux du pétrole et du gaz, avec un effet direct sur l'inflation en Europe et sur la facture énergétique des ménages français.

Acte I : la guerre éclair de juin 2025 (« Douze Jours »)

Un premier conflit direct a éclaté à l'été 2025, prélude à la guerre ouverte de 2026. Rappel des dates :

  • 13 juin 2025 : Israël lance l'opération « Rising Lion », une série de frappes aériennes massives contre les installations nucléaires iraniennes (Natanz, Ispahan), des sites militaires, des chefs du corps des Gardiens de la Révolution et plusieurs scientifiques atomistes.
  • 13-21 juin 2025 : l'Iran riposte par des salves de missiles balistiques et de drones contre Israël. Des missiles atteignent Tel-Aviv, Haïfa et Beer-Sheva. Israël intercepte la majorité des projectiles grâce au Dôme de fer et à la Fronde de David.
  • 22 juin 2025 : les États-Unis entrent directement dans le conflit avec l'opération « Midnight Hammer ». Des bombardiers B-2 larguent des bombes anti-bunker GBU-57 sur les sites enfouis de Fordo, Natanz et Ispahan. C'est la première utilisation opérationnelle de cette arme.
  • 22 juin 2025 : le Parlement iranien vote symboliquement la fermeture du détroit d'Ormuz. La décision finale revient au Conseil suprême de sécurité nationale, qui ne l'applique pas.
  • 23 juin 2025 : l'Iran frappe la base américaine d'Al-Udeid au Qatar en représailles, en prévenant à l'avance les autorités du Qatar pour éviter les pertes.
  • 24 juin 2025 : cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, entré en vigueur après quelques heures de tensions.

Acte II : les massacres de janvier 2026

Fin 2025, une vague de manifestations populaires éclate en Iran, déclenchée par l'effondrement du rial et la paupérisation brutale de la classe moyenne. La contestation s'étend à des dizaines de villes, franchit les lignes ethniques, et se radicalise en appel au renversement du régime. La réponse des autorités est d'une brutalité extrême.

  • 8 et 9 janvier 2026 : les forces de sécurité tirent sur des cortèges dans plusieurs provinces. Amnesty International et Human Rights Watch parlent de massacres de manifestants à grande échelle.
  • Le bilan exact est disputé et probablement sous-estimé : l'ONG HRAI dénombrait 5 848 morts vérifiés au 25 janvier 2026 et enquêtait sur 17 000 autres cas. Certaines estimations internes citées par les services iraniens évoqueraient jusqu'à 36 500 morts. Les autorités iraniennes contestent ces chiffres et parlent d'« émeutes fomentées par l'étranger ».
  • Répression numérique et militaire : coupure totale d'Internet pendant plusieurs jours, couvre-feu nocturne, patrouilles lourdement armées, arrestations dans les hôpitaux, usage massif de gaz lacrymogènes et d'armes à létalité contestée.
  • Onde de choc internationale : Amnesty parle de la « période de répression la plus meurtrière en Iran depuis des décennies ». L'ONU dénonce une « brutalité persistante ». C'est dans ce contexte que Washington place ses options militaires sur la table, le 13 janvier, à la Maison-Blanche.

Acte III : la guerre Iran-Israël-États-Unis de 2026

La bascule militaire se produit fin février. Rappel des dates clés :

  • 25 janvier 2026 : le groupe aéronaval de l'USS Abraham Lincoln est déployé vers le golfe Persique, accompagné de renforts aériens américains.
  • 3 février 2026 : six canonnières des Gardiens de la Révolution tentent d'arraisonner le pétrolier Stena Imperative dans le détroit d'Ormuz. Le navire poursuit sa route sous escorte du destroyer américain USS McFaul. La crise du détroit commence.
  • 28 février 2026 : les États-Unis et Israël lancent une opération conjointe massive contre l'Iran — frappes coordonnées sur des dizaines de sites militaires, les stocks de missiles, les lanceurs et les installations nucléaires. Le Guide suprême Ali Khamenei est tué pendant l'attaque ; un conseil provisoire prend le contrôle du régime. Donald Trump affirme publiquement que l'objectif inclut un changement de régime, en plus de l'arrêt du programme nucléaire.
  • 1er mars 2026 : le front libanais s'ouvre. Tsahal lance une campagne de bombardements contre le Hezbollah. Une frappe de missile iranien sur la ville de Beit Shemesh tue 9 civils israéliens — bilan le plus lourd côté civils en ce début de guerre.
  • 2 mars 2026 : un haut responsable des Gardiens de la Révolution annonce officiellement la fermeture du détroit d'Ormuz. Tout navire tentant la traversée est menacé d'interception.
  • Mars 2026 : l'Iran tire plus de 450 missiles balistiques sur Israël. Le Dôme de fer et la Fronde de David interceptent environ 92 % des projectiles visant des zones habitées.
  • 21 mars 2026 : nouvelle série de frappes américaines sur le site nucléaire enfoui de Natanz, à nouveau avec des bombes anti-bunker GBU-57. L'Iran suspend la coopération avec l'AIEA pour les sites bombardés.
  • Avril 2026 : le détroit reste fermé, des négociations discrètes reprennent via le Qatar et Oman, tandis que des affrontements limités se poursuivent en mer d'Oman et au Liban.

Le programme nucléaire iranien : où en est-on ?

Officiellement, l'Iran a toujours défendu un programme nucléaire exclusivement civil. Dans les faits, plusieurs éléments expliquent la crise actuelle :

  • L'Iran enrichissait fin 2025 de l'uranium à 60 %, très au-delà des besoins civils (5 %) et à un pas technique du niveau militaire (90 %).
  • Les sites de Fordo et Natanz sont enfouis à plus de 80 m sous la montagne, ce qui rend leur neutralisation très difficile sauf pour les bombes anti-bunker GBU-57 américaines — utilisées à nouveau le 21 mars 2026.
  • Après les frappes conjointes de juin 2025 puis de février-mars 2026, le retard imposé au programme est estimé entre plusieurs mois et plusieurs années, selon les sources (Pentagone, AIEA, services israéliens). Les évaluations divergent largement.
  • Depuis les frappes du 28 février 2026, Téhéran refuse à l'AIEA l'accès aux sites bombardés. Mohammad Eslami, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, conditionne toute inspection à l'adoption de règles internationales sur les « installations attaquées militairement » et à une condamnation des frappes par l'Agence.

Le dossier nucléaire n'est donc pas clos : il est en pleine recomposition. Les connaissances scientifiques n'ont pas été détruites, la volonté politique iranienne s'est peut-être durcie, et la communauté internationale reste divisée entre fermeté et retour à un cadre diplomatique de type JCPoA.

La fermeture d'Ormuz fait exploser les prix de l'énergie

Contrairement à juin 2025, où la fermeture était restée une menace, Téhéran l'a effectivement mise en œuvre le 2 mars 2026 en réponse aux frappes du 28 février. Les conséquences sont immédiates et massives :

  • Brent au-dessus de 100 dollars le baril dès la première semaine de mars, avec un pic observé proche de 120 dollars. Le 21 mars, le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qualifie cette fermeture prolongée de « plus grande menace pour la sécurité énergétique mondiale de toute l'histoire ».
  • Projections des analystes : environ 105 $ le baril après 1 mois, 140 $ après 2 mois, autour de 165 $ après 3 mois si la fermeture se prolonge.
  • Flambée des prix à la pompe et de la facture d'électricité en Europe, retour brutal de l'inflation.
  • Pression accrue sur la Banque centrale européenne et risque de remontée des taux, avec effet récessif.
  • Tensions d'approvisionnement en Asie : Chine, Inde, Japon, Corée — plusieurs pays asiatiques signalent déjà des manques.
  • Recomposition accélérée des routes énergétiques : plus de GNL américain et qatari transitant par d'autres routes, plus d'hydrocarbures russes via l'Asie.

Les enjeux pour la France

La France n'est pas directement sur la ligne de front, mais la crise iranienne touche plusieurs points sensibles de la politique hexagonale :

  • Énergie : la France importe une part de son gaz via le GNL qatari, qui passe par Ormuz. La fermeture effective du détroit fait exploser les prix de l'énergie pour les ménages et l'industrie, avec un effet direct sur l'inflation.
  • Diplomatie : la France est membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et signataire de l'accord de Vienne de 2015 (JCPoA). Elle doit choisir entre l'alignement sur Washington, la médiation européenne avec Berlin et Londres, ou une voie plus indépendante, après la mort de Khamenei et les frappes sur Natanz.
  • Défense : la marine française est présente dans la zone (base interarmées des Émirats, mission européenne Aspides, Agenor). La fermeture d'Ormuz pose directement la question du budget militaire et du partage du fardeau avec l'OTAN.
  • Communautés : en France vivent une diaspora iranienne active et une communauté juive attentive à la sécurité d'Israël. Les prises de position officielles sont suivies de près, et les massacres de janvier 2026 ont ravivé la mobilisation des Iraniennes et Iraniens de France.
  • Nucléaire civil : l'épisode ravive le débat intérieur sur l'indépendance énergétique via le parc nucléaire français, au moment où le débat sur les EPR2 et la place des renouvelables devient central pour la présidentielle 2027.

Les 26 candidats à la présidentielle 2027 face à l'Iran et à Ormuz

Sur ce dossier, les clivages classiques gauche-droite ne suffisent pas. Il faut croiser au moins trois lignes de fracture : alliance occidentale vs. non-alignement, soutien à Israël vs. équidistance, et fermeté militaire vs. diplomatie et désescalade. Voici les 26 candidats regroupés en quatre familles.

Famille 1 — Atlantistes et partisans d'une ligne ferme face à l'Iran

Ces candidats considèrent que l'Iran représente une menace majeure pour la paix régionale, qu'il faut continuer à soutenir Israël face au Hezbollah et aux Gardiens de la Révolution, et rester coordonnés avec les États-Unis et l'OTAN.

  • Raphaël Glucksmann — atlantiste assumé, pro-Ukraine, ferme contre toutes les dictatures ; position claire en faveur d'une Europe de la défense alignée avec Washington face à Téhéran.
  • Éric Zemmour — soutien appuyé à Israël, vision civilisationnelle du conflit ; favorable à une ligne dure contre Téhéran, y compris militaire.
  • Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau, Xavier Bertrand (LR) — soutien constant à Israël, fermeté sur le programme nucléaire iranien, vigilance contre l'ingérence iranienne en Europe.
  • Gabriel Attal, Gérald Darmanin, David Lisnard — fermeté sur le nucléaire iranien, sanctions ciblées, soutien à Israël tout en rappelant la nécessité d'un cadre de droit international.
  • Édouard Philippe — position de gouvernance : solidarité atlantique, fermeté sur la non-prolifération, soutien politique à Israël dans son droit à la sécurité.

Famille 2 — Fermeté mais diplomatie, équilibre et désescalade

Ces candidats reconnaissent la gravité du programme nucléaire iranien mais insistent sur la voie diplomatique, sur l'équilibre entre la sécurité d'Israël et les droits du peuple palestinien, et sur la nécessité de ne pas laisser les États-Unis dicter la ligne européenne.

  • Dominique de Villepin — voix historique du refus de la guerre en Irak en 2003 ; plaide pour une médiation française et une désescalade, contre toute logique d'intervention militaire.
  • François Bayrou — ligne centriste et européenne : retour à un JCPoA actualisé, soutien à la diplomatie plutôt qu'aux frappes.
  • François Hollande — position socialiste classique : fermeté sur le nucléaire, soutien à Israël, mais refus de laisser le conflit déraper en guerre régionale.
  • Bernard Cazeneuve — accent mis sur la diplomatie multilatérale et la coopération ONU, vigilance sur le retour à la table des négociations.
  • Jérôme Guedj (PS) — ligne socialiste et pro-européenne ; soutien à Israël mais fermeté sur le respect du droit international à Gaza.
  • Marine Tondelier, Delphine Batho (écologistes) — priorité à la désescalade, au climat et à la sortie des énergies fossiles ; critique des frappes préventives, soutien aux mouvements démocratiques iraniens, notamment aux femmes.

Famille 3 — Souverainistes et non-alignés : une France qui parle seule

Ces candidats refusent que la France s'aligne sur les États-Unis ou l'OTAN. Ils défendent une diplomatie « gaullo-mitterrandienne » ou souverainiste, et la capacité de la France à parler à tous les acteurs, y compris à Téhéran.

  • Marine Le Pen — refus de l'alignement automatique sur Washington ; défense de l'intérêt national français, d'un équilibre au Moyen-Orient et de la lutte contre l'islamisme radical sans ingérence militaire.
  • Nicolas Dupont-Aignan — souverainiste historique, opposé à toute guerre « pour le compte » des États-Unis, partisan d'une diplomatie française indépendante.
  • François Asselineau (UPR) — Frexit, sortie de l'OTAN, neutralité stricte ; la France ne doit prendre parti ni pour l'Iran ni pour Israël, mais défendre la paix et le droit.
  • Patrick Sébastien — expression d'un non-alignement populaire : « ce n'est pas notre guerre », priorité aux problèmes des Français.

Famille 4 — Anti-impérialistes et partisans d'une paix négociée

Ces candidats voient dans l'intervention américaine et israélienne une manifestation de l'impérialisme occidental. Ils appellent à une paix négociée, à la levée des sanctions et au soutien aux sociétés civiles, en Iran comme ailleurs.

  • Jean-Luc Mélenchon — dénonce les frappes israélo-américaines comme des actes de guerre illégaux ; appelle à un ordre international non aligné, à la fin des guerres et au retour du droit international.
  • François Ruffin — pacifisme affirmé, critique des va-t-en-guerre, plaidoyer pour la diplomatie et pour parler aux peuples.
  • Clémentine Autain — refus de l'escalade militaire, soutien aux mouvements démocratiques et féministes iraniens, opposition à la logique des blocs.
  • Fabien Roussel (PCF) — paix, désarmement, négociations ; refus d'une guerre par procuration.
  • Nathalie Arthaud (LO) — analyse anticapitaliste : la guerre sert les intérêts pétroliers et militaires, refus de tout soutien à un État impérialiste.
  • Juan Branco — dénonciation de l'hégémonie occidentale et plaidoyer pour une refondation du droit international.

Une ligne qui traverse tout le spectre : le soutien aux Iraniennes

Un point rassemble presque toutes les familles : le soutien aux femmes iraniennes et au mouvement « Femme, Vie, Liberté » né en 2022 après la mort de Mahsa Amini. Des Écologistes à LR, en passant par LFI, le PS et Renaissance, tous les candidats ont, à des degrés divers, affiché leur solidarité avec les Iraniennes. Les différences portent sur les moyens : sanctions, soutien politique, accueil des réfugiés, diplomatie.

Arguments pour une ligne ferme vs. arguments pour la diplomatie

Arguments pour une ligne ferme (sanctions, dissuasion, frappes)Arguments pour la diplomatie (négociation, désescalade)
L'Iran a enrichi l'uranium à 60 %, seuil incompatible avec un usage civil.Les frappes n'éliminent pas les connaissances scientifiques ni la volonté politique.
Le régime iranien finance le Hezbollah, les Houthis et des milices en Irak et en Syrie.Toute guerre de grande ampleur déstabilise la région, y compris les alliés arabes modérés.
La sécurité d'Israël ne peut pas être négociée.La sécurité durable passe par un accord vérifiable, comme le JCPoA de 2015.
Une fermeture d'Ormuz doit être rendue impossible par la présence militaire occidentale.La meilleure protection d'Ormuz est diplomatique : ne pas donner à Téhéran de raison d'y toucher.
La France doit être fiable pour ses alliés.La France n'est utile que si elle parle à tous les acteurs, y compris Téhéran.

Pour aller plus loin

L'Iran, Ormuz et la question du nucléaire recoupent plusieurs thèmes du Quizz du Berger :

Les 126 questions du Quizz du Berger permettent de comparer vos positions à celles des 26 candidats sur ces sujets.

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